Le logement et l’urbanisme à Pamiers : mon parcours et nos revendications

Le logement et l’urbanisme à Pamiers : mon parcours et nos revendications

Une équation trop souvent difficile à résoudre…

Pamiers sinistrée

Je suis revenu vivre à Pamiers il y a bientôt 13 ans pour travailler aujourd’hui comme ouvrier ajusteur monteur chez un sous-traitant aéronautique. Comme je ne pouvais pas devenir propriétaire, j’ai été confronté à la difficulté de trouver des locations dans des logements décents, suffisamment grands, correctement équipés, adaptés à mon niveau de revenus et suffisamment isolés.

Cette équation est difficile à résoudre à Pamiers…

Pamiers la dynamique ?
Où est passé cette dynamique que l’on nous vente sur les vitrines des magasins abandonnés ?
Est-ce que vous avez l’impression de vivre dans une ville riche quand les ruines au centre-ville se multiplient d’années en années ? Croyez vous que la municipalité présente a cherché de réelles solutions pour que les quartiers périphériques ne soient plus coupés de la ville ?

Parler du logement à Pamiers implique de parler de PLU, je vais donc commencer par expliquer à ceux qui ne le savent pas ce qui est derrière cet acronyme.
Le PLU, Plan Local d’Urbanisme, est le document qui fixe les règles d’urbanisme d’une commune, en tenant compte des nouvelles exigences environnementales.

À quoi sert-il ?

Logements insalubres à Pamiers

Ce projet global d’aménagement permet de gérer les enjeux fonciers et architecturaux de chaque commune dans un souci de développement durable. Il est opposable aux administrations, aux promoteurs, aux particuliers qui souhaitent construire ou modifier un bâtiment, ou tout autre aménagement urbain.
Sous l’effet d’une forte pression démographique, les villes se sont transformées et divisées en zones fonctionnelles : espaces de commerce, de loisirs, de travail, etc.

Maintenant, faisons un constat rapide.
Il suffit tout simplement de vous promener dans les rues du centre-ville et dans certains quartiers pour vérifier de manière flagrante que Pamiers est devenu aujourd’hui une ville «incohérente» en matière d’urbanisme.

En quatre mandats, soit 25 longues années, la politique urbaine de la mairie a progressivement défiguré Pamiers et vidé le centre-ville. Ils ont encouragé l’étalement urbain jusqu’aux communes voisines, multiplié les zones commerciales et les lotissements au gré des demandes des promoteurs et au détriment des habitants.

Mr Trigano et son équipe n’ont eu qu’un seul objectif en tête durant ces années : arriver coûte que coûte à « 20 000 habitants à Pamiers » !
Cette politique du chiffre est un échec, autant sur le plan humain que sur celui de l’urbanisme en général.

Vitrines des magasins à l'abandon

Aujourd’hui, 37 % des commerces ont tout simplement disparu, 1200 logements sont fermés et souvent difficiles, voir impossibles à rénover car les travaux seraient beaucoup trop chers à réaliser.
Nous avons recensé aux alentours de 430 logements indignes, loués par des propriétaires indélicats qui hébergent toute la misère de notre société, sans malheureusement être inquiétés ni par la Mairie, ni par la Communauté de Communes des Portes d’Ariège Pyrénées, qui, avec les services de la caisse d’allocations familiales, sont chargés légalement du contrôle de ces logements.
Chaque cas est un cas particulier, et les interlocuteurs peuvent varier en fonction des situations familiales ou financière des locataires, la suppression du versement des allocations logement aux propriétaires est un des leviers envisageable que nous étudierons de près.

La cité HLM du Chandelet, près du village auto, les zones commerciales de la Cavalerie, ou celle des Milles Hommes sont des exemples visibles et récents de cette politique. Les propriétaires bailleurs cherchent souvent à rentabiliser leurs investissements le plus vite possible, pour pouvoir les revendre avant de devoir les rénover ou simplement les entretenir.
Il faut bien entendu prendre également en compte le fait que plus de la moitié des constructions du centre-ville sont souvent contraintes par les directives des Bâtiments de France.

 

Cela fait 10 ans que la Mairie n’arrive pas à refaire son Plan Local d’Urbanisme qui a déjà été retoqué une fois par la Préfecture. L’actuel projet de PLU est assez contraignant pour les Appaméens. Cette réglementation a été faite à la va-vite par l’équipe actuelle, équipe qui souhaite qu’il soit voté juste avant les élections. Ce n’est pour nous ni correct, ni urgent.
Ce doit être à l’équipe qui sera élue en mars prochain de voter ce plan local d’urbanisme qu’elle sera amené à conduire, plus proche des besoins réels de la ville et de ses habitants.

je vais vous citer quelques exemples illustrant la situation actuelle et les opérations ratées du conseil municipal:

  • Le terrain de l’ancienne école des Canonges a été vendu. Il est aujourd’hui à l’abandon.
  • Il y a ensuite eu la vente à la découpe au privé des anciens bâtiments administratifs des abattoirs et des locaux de la pépinière d’entreprises.
  • La mairie a proposé de vendre l’actuel Office du Commerce à un prix inférieur à celui des travaux de rénovation qu’elle y a entrepris. Sa relocalisation risque de coûter à elle seule le double, voir le triple des dépenses déjà engagés.
  • On retrouve le même type d’opération pour la maison située Avenue du boulevard Tournissa et de la route de Mirepoix, qui avait été achetée pour améliorer le carrefour, mais qui a été revendue à perte à des promoteurs immobiliers.
  • La municipalité en place a été incapable de proposer un aménagement cohérent de l’espace public central formé par le parking des Trois Pigeons et par le bâtiment de la Providence.
  • N’oublions pas non plus le contrat de location sur 20 ans par la Mairie à un promoteur, d’un rez-de-chaussée de 500 mètres carrés. Sa location et son aménagement reviendront à terme pour la ville à un million d’euros sans même qu’elle puisse en devenir propriétaire au bout des 20 ans.

Pamiers est devenu, d’années en années, un ghetto de logements indignes, mal isolés, peu ou pas entretenus, souvent propriétés d’investisseurs ne résidant pas dans la ville.
Ces propriétaires cherchent, pour beaucoup d’entre eux, à rentabiliser le plus vite possible leurs acquisitions, en ne réalisant aucun travaux de rénovation. Leur seul et unique but est de faire des bénéfices facilement et rapidement, sans se préoccuper des conditions de vie des personnes qu’ils logent. D’ailleurs, ces logements sont pour la plupart loués à des personnes bénéficiaires des APL (Allocations Pour le Logement). Les loyers sont directement versés aux propriétaires par la caisse d’allocations familiale, ce qui assure un loyer garanti à leur bailleur, comme une rente, qui ne les incite pas à rénover leurs biens quand c’est nécessaire, voir indispensable.

Vitrine de magasin abandonné

La mixité sociale dans l’habitat est le meilleur barrage à la constitution de ghettos. Or en raison d’une fiscalité dissuasive, «la classe moyenne» part de plus en plus souvent habiter dans les communes limitrophes qui ont vu en moins de 10 ans leur population fortement augmenter, au détriment de Pamiers.

Le déclin de l’activité économique, en centre-ville et dans les quartiers ont, petit à petit, transformé notre coeur de ville en un vaste désert commercial. Ce déclin est lié à son abandon progressif par les classes moyennes, ainsi qu’aux zones d’activités qui encerclent de plus en plus Pamiers.

Devant ce constat d’échec flagrant de la municipalité en place, nous souhaitons prendre quelques mesures phare qui nous semblent urgentes à mettre en application:

  1. Nous nommerons un élu responsable du dossier Logement/Habitat qui sera chargé de suivre, mais aussi de contrôler tout projet d’urbanisme ou locatif.
  2. Nous lutterons contre l’habitat indigne en délivrant «un permis de louer» réservé aux logements répondant aux critères de salubrité et aux normes d’économie d’énergie.
  3. Nous reverrons le Plan Local d’Urbanisme communal pour davantage de cohérence, pour qu’il préserve et encourage la diversité sociale, qu’il intègre de manière systématique les nouvelles normes liées à l’urgence climatique et celles de l’Aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine architectural de la ville (AVAP).
  4. La rénovation des bâtiments sera encouragée par la ville. Nous accompagnerons chaque propriétaires souhaitant réaliser ce type de travaux, ainsi que tout aménagement en faveur des personnes handicapées.
  5. Nous prévoirons la rénovation ou la construction de logements plus grands, de type T4-T5, pour les familles nombreuses, aux loyers modérés.
  6. Nous favoriserons les projets d’habitat coopératif, ainsi que les projet de maisons communes intergénérationelles à destination des personnes âgées.
  7. Nous souhaitons créer davantage d’espaces verts pour limiter l’artificialisation des sols, planter des arbres fruitiers dans la ville, des plantes aromatiques.
  8. Nous voulons terminer l’aménagement d’un éco-quartier, constitué de l’îlot Sainte-Claire et de l’emplacement de l’ancien Lidle entre la rue Gabriel Péri et le boulevard de la libération.
  9. Il faudra trouver des solutions au problème de stationnement en créant des parkings réservés aux riverains, pourquoi pas à la place de logements irréparables devant être détruits.
  10. Enfin, nous souhaitons qu’il y ait davantage de bancs publics, de lieux de rencontres ouverts vivants. Pourquoi pas un kiosque à musique sur la place Milliane…

Nicolas Gangloff

Publié par >> Nicolas Gangloff

Nicolas GangloffJ'ai 47 ans, je suis ouvrier ajusteur monteur aéronautique.
Les valeurs de Gauche, les idées progressistes, égalitaires et le soucis de justice sociale qui nous unissent sont les fondamentaux de mon engagement sur la liste Pamiers Citoyenne.
Voter pour nous, c’est voter pour davantage de consultations et d’implication citoyenne dans tous les quartiers de la ville.

Laisser un commentaire