Conseil  Municipal : séance d’installation du 3 juillet , vue par vos trois  élu-es « Pamiers Citoyenne »

Conseil Municipal : séance d’installation du 3 juillet , vue par vos trois élu-es « Pamiers Citoyenne »

A ce premier conseil municipal d’installation du 3 juillet, l’essentiel des points à l’ordre du jour portaient sur la mise en place de la nouvelle équipe majoritaire : élection de Madame la Maire, validation du nombre des adjoints et de leur désignation. Dans le strict respect du suffrage des électeurs nous nous sommes abstenus sur tous ces points pour permettre une installation démocratique de la majorité choisie par les appaméens.

Par contre , nous avions préparé nos interventions sur  deux dossiers sensibles de ce conseil à  savoir l’achat de la « maison Cottes » et les pleins pouvoirs donnés à Madame la Maire. Nous sommes intervenus donc sur le fond de ces deux dossiers dans le respect du mandat donné par nos électeurs.

En premier lieu nous avons pris la parole concernant la décision soumise au vote de ce Conseil , à savoir l’achat de la « maison Cottes » située devant l’entrée historique du Carmel mais surtout appartenant à un ancien conseiller municipal et donc dossier emblématique de l’ère Trigano. Aucun de nos arguments de bon sens ou d’appel à la prudence ne furent contredits. Nous avons demandé un ajournement de ce dossier car nous n’avons aucune visibilité, notamment financière et budgétaire sur la faisabilité de cette réfection complète de l’entrée du Carmel à partir de la place du Mercadal.

Cela impliquerait outre l’achat à 230 000€ de cette maison Cottes, pour la détruire (cout de la démolition ?) , celui de la destruction de  l’ancienne école de musique  après le relogement de l’organisme de formation dans le numérique qui l’occupe actuellement  .

Le seul croquis remis dans le dossier en conseil municipal est celui de l’entrée finalisée avec la restauration de la tour de l’Evêque ; Il  montre bien que l’école de musique et la maison Cottes sont détruites.

Mais prévoir la restauration de l’entrée sans y inclure la Tour de l’évêque est un non-sens patrimonial. Cette tour du XIIIe siècle a été malheureusement crépie au ciment dans les années 70, alors que sa structure que l’on peut voir sur d’anciennes cartes postales est de toute beauté et mériterait d’être restaurée et débarrassée de sa gangue de crépi.

Bref, au final , après l’achat de la « maison Cottes », un énorme chantier très coûteux qui ne concernera que l’aspect extérieur de la façade ouest, et non les aménagements intérieurs du Carmel qui sont aujourd’hui la priorité pour ouvrir enfin ce bâtiment au public.

On peut estimer ce chantier à au moins deux millions, voire deux millions et demi d’euros avec le relogement des occupants de l’actuelle organisme de formation .

Si le Conseil municipal est logique avec lui-même, acheter la maison Cottes, c’est programmer rapidement deux millions et demi de travaux pour réhabiliter la face ouest dans son ensemble.

C’est pourquoi nous avons suggéré d’étudier – avant tout achat coûteux –  la possibilité d’avoir l’entrée principale du Carmel côté rue de Collège. L’achat antérieur réalisé par la Mairie de Pamiers de la chapelle baroque dite « Chapelle du Carmel » offre un grand intérêt puisque l’aménagement d’un bâtiment d’accueil-entrée du public dans la cour intérieure (cour de l’ancien poulailler) permettrait l’accès au cloître, aux étages, etc. et de dispatcher les flux en fonction des diverses fonctions du bâtiment – tourisme, centre d’arts, espaces publics .

Ces solutions de bon sens et de prudence ont été rejetées par la majorité du conseil municipal dans un vote commun entre les élu-es de la liste majoritaire de Mme Thiennot et ceux du groupe minoritaire de la liste de M Trigano.

Nous avons été les seuls à porter nos 3 voix contre ce projet emblématique en indiquant que cela envoyait un très mauvais signal aux appaméens pour l’installation d’un nouveau conseil municipal.

Celles et ceux qui pensaient avoir voté pour un véritable changement démocratique à Pamiers en seront pour leurs frais.

Pour nous, ce n’est pas une véritable surprise. Mais pour celles et ceux qui en doutaient encore un peu, ils n’avaient qu’à lire la Dépêche du 29 juin, page départementale, dès le lendemain du second tour. Le représentant officiel de la LREM en Ariège, M Jérome AZEMA commençait à y regretter la défaite du maire sortant soutenu par le parti présidentiel mais « en même temps » félicitait « chaleureusement Frédérique Thiennot qui a une très grande proximité avec LREM » !

Quant au responsable fédéral du PS ariégeois, dans le même article il déclarait, lui : »A Pamiers nous sommes dans la majorité de Frédérique Thiennot, où nous porterons nos valeurs de gauche au sein de cette équipe » !! Nous nous permettons d’émettre quelques doutes car au moment d’une déclaration faite par notre groupe lors de ce Conseil Municipal ,  déclaration symbolique des « valeurs de gauche »,  nous nous sommes sentis bien seuls. Il s’agissait de proposer que l’équipe municipale fraichement élue apporte son soutien explicite à la manifestation  par les syndicats des industries ariégeoises –  notamment du secteur aéronautique –  menacées de plan social et de licenciements (manifestation organisée jeudi prochain 9 juillet à 11h30 à Pamiers devant l’usine) . Quand nous avons formulé cette proposition de soutien, hautement symbolique dans la période, aucune voix ne s’est exprimée pour la soutenir !!

L’autre dossier sensible de ce conseil municipal dit « d’installation » consistait en une délibération soumise au vote et visant à donner les pleins pouvoirs à Madame la Maire sans obligation de débat préalable en conseil municipal.

C’est, pour nous, un véritable déni de démocratie qui prive les conseillers élus de leurs prérogatives permettant d’éclairer des décisions à venir. Cela consiste à refuser de faire confiance à l’intelligence collective de citoyens élus , au sein d’une assemblée démocratique. Cela transforme une instance délibérante en simple chambre d’enregistrement de décisions prises dans l’opacité des cabinets de la mairie.

Malgré nos mises en garde argumentées et répétées sur ce très mauvais signal antidémocratique donné dès la première réunion d’installation du conseil municipal, nous n’avons pas été entendus. Nous avons proposé de différer là aussi l’adoption de cette délibération liberticide et d’engager ultérieurement un débat visant à différencier les délégations de pouvoirs « acceptables » et d’autres à retirer impérativement pour ne pas déposséder le conseil municipal. Madame la Maire a fait le choix, là aussi, de s’inscrire dans les pas de son prédécesseur.

La seule concession qu’elle nous a accordée a été  de limiter cette délégation de pouvoirs à 6 mois. Elle s’est engagée à mettre cette délibération en débat dans le cadre de la commission visant à faire évoluer le règlement intérieur du conseil municipal et de la soumettre au vote  en conseil municipal en fin d’année.

Sur cet aspect important de la gouvernance, nous veillerons au respect de cet engagement  et demanderons des comptes à la mairie si les délégations au    maire ne sont pas revues avant la fin de l’année.

Tous les électeurs qui ont accordé leur confiance et donné leur vote à la liste Pamiers Citoyenne peuvent être certains que nous serons vigilants sur le respect de la démocratie à la mairie de Pamiers.

Vos élu.es

Michèle GOULIER, Xavier MALBREIL et Daniel MEMAIN

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