La Chronique de Robin #3

La Chronique de Robin #3

Tout au long de cette campagne, régulièrement et selon son humeur, le mystérieux Robin nous livrera ses impressions, ses découvertes, ses états d’âmes …

… « Robin se dit qu’il fallait garder espoir. Sans doute du fait des rencontres qu’il a commencé à faire ici. Et que la politique, la vraie, était peut-être à portée de main, loin des grands « appareils »,  machines à broyer les espoirs, et de leurs agents. » ….

 

Robin continue son apprentissage de la vie politique à travers son expérience appaméenne. Après sa première séance de travail en compagnie de la liste Pamiers citoyenne, celui-ci a entendu dire qu’une personnalité politique locale avait livré sur un blog une chronique particulièrement intéressante. Robin retint de cette chronique, livrant sur ce qui pouvait se jouer en coulisse (mais accessible à un œil averti), un propos fort déstabilisant : afin de remporter la magistrure suprême, mieux valait s’avancer caché. Voici le propos :

 

« Les listes « apolitiques » fleurissent, et les partis politiques préfèrent « se planquer vu leur popularité »… ce qui n’est pas un scoop. » Comment ça pas un scoop ? Mais pour Robin, lui qui était persuadé de la probité de tous nos acteurs politiques, s’en est un ! Et notre chroniqueur de poursuivre : « Comme simple citoyen, je m’interroge sur ces candidats « tête de liste » qui se disent sans couleurs politiques (…) comme s’ils n’avaient jamais voté, soutenu tel ou tel candidat à la présidentielle ou aux législatives, sabré le champagne ou fait la gueule un soir de présidentielle. Comme s’il fallait cacher leurs opinions, leurs choix politiques à leurs concitoyens « pour mieux accéder au pouvoir en tapinois, masqués et hypocrites », comme l’a écrit je ne sais plus quel poète ». Et de rajouter : « Les choix municipaux impactent directement la vie des habitants et accompagnent les politiques nationales ou y résistent. Ils sont socialement justes ou injustes, réellement écologistes ou simplement repeints en vert, etc. Savoir ce que fera la ou le futur maire avec son équipe d’adjoints, quelle politique nationale ils soutiendront, s’ils accompagneront par leur politique municipale la politique du gouvernement actuel, c’est important pour les électeurs. C’est important pour la démocratie. C’est le premier exercice de transparence promise dans tous les programmes. » Une question se posait dorénavant pour Robin : mais de qui pouvait-il bien parler ?

 

Y aurait-il au cours de cette campagne des acteurs qui tenteraient de filouter et d’esquiver certaines questions ? Et pourquoi ? La politique serait-elle le lieu de toutes les arnaques possibles ? Y compris pour rassembler des voix aux fins de se faire élire ? Robin ne voulait pas y croire. Pourtant, il avait une fois entendu dire qu’au niveau du monde des entreprises, et des relations de pouvoir qui y sont établies, nous n’étions pas encore sortis du Moyen Âge, ce dont il avait pu se convaincre parfois. Mais de là à imaginer qu’il en soit de même en politique, il y avait un pas que sa pensée n’avait jamais osé franchir. Le doux terme de notabilité, fait pour qualifier les avantages acquis en termes de stature et de notoriété politique, ne correspondrait-il pas ainsi à une traduction euphémisée (déguisée et toujours maintenue) de la position sociale qu’occupait un seigneur du Moyen Âge ? De là à dire qu’il pourrait en être de même pour des chefs d’entreprise possiblement investis dans la vie politique, fût pour Robin un véritable coup de massue. Notre bon patriarche local, et bon samaritain, n’aurait-il fait pendant toutes ces années qu’user d’une position sociale ? Et pour quelles conséquences ? De mauvaises langues iraient-elles jusqu’à dire que l’intérêt des pauvres gens aurait pu être négligé, peu entendu ? Il n’y aurait bien sûr qu’un pas à franchir, que Robin n’était pas encore décidé à faire, du moins pas pour l’instant. Mais il lui est quand même venu une réflexion : les habitants de ces basses terres, et comme eux leurs maîtres et dirigeants, n’auraient-ils pas été plongés dans l’ignorance des méthodes propres à favoriser un mode plus ouvert d’exercice du pouvoir ?

Et dont les conséquences pourraient se mesurer de façon pratique dans la vie des gens ?

Ne pouvant faire l’impasse sur ces questions, Robin s’est dit qu’il allait s’y pencher très sérieusement…

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